Condamne Cuba pour la détention de prisonniers politiques et porte atteinte au Code Pénal et au manque d’indépendance des avocats à Cuba

OHCHR - Oficina del Alto Comisionado para los Derechos Humanos de las Naciones Unidas

Rapport de Cuban Prisoners Defenders, 17 février 2020:

NATIONS UNIES REALISE AUDITS AUX PROCESSUS JUDICIAIRES DES PRISONNIERS POLITIQUES…

  • Les trois premiers cas révisés sont ceux de Josiel Guía Piloto, Ivan Amaro Hidalgo et Marbel Mendoza Reyes, dans une nouvelle résolution du Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire, qui vient entériner et élargir la décision rendue dans l’affaire de Roberto de Jesús Quiñones Haces.
  • Dans sa résolution, le Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire s’en prend aux délits d’outrage, de troubles, de dangerosité sociale et d’attentat au Code pénal “qu’ Ils sont extrêmement vagues et n’ont pas l’exigence de précision suffisante pour donner une certitude juridique à la population”, ce qui permet d’avoir servi contre ces trois prisonniers politiques
  • Il indique également que “les taux criminels pour lesquels M. Guía Piloto, Mme Mendoza Reyes et M. Hidalgo, étant extrêmement vagues, ne sont pas en mesure de clarifier leur sens ou d’identifier la conduite à réglementer, de sorte qu’ils contreviennent les obligations internationales de Cuba, et les invalide comme base juridique d’arrestation, ce qui rend impossible d’invoquer une base juridique pour justifier la détention, la rendant arbitraire », ce qui constitue une «violation de l’article 9» et également «les articles 18 , 19, 20 et 21 de la Déclaration Universelle», ainsi que les articles 10 et 11, pour “l’impossibilité d’accéder au matériel de preuve” et affectant “leur droit de se défendre et de bénéficier d’une assistance juridique efficace” et par “le préjudice de l’obligation de faire de la publicité”.
  • De même, il accuse de perpétrer systématiquement des militants politiques et que ces arrestations “ont eu lieu dans le cadre d’arrestations arbitraires systématiques d’opposants politiques, commises par les autorités cubaines ces dernières années.”
  • Nations Unies rappelle que «la Commission lnter-américaine [CIDH] a reconnu que la détention arbitraire était systématiquement utilisée à Cuba comme “méthode de harcèlement” contre des organisations politiques d’opposition, telles que l’Union Patriotique de Cuba, et que les personnes sont accusées de désordre public, dangerosité sociale pré-criminelle et outrage. Il a également constaté que les personnes privées de liberté dans ce contexte “ont été objet d’agressions, menaces et mauvais traitements et leur accès aux soins et aux traitements médicaux serait restreint à l’intérieur des établissements pénitentiaires”.»
  • L’organisme des Nations Unies conclut dans sa résolution que les arrestations sont “le résultat de l’exercice des droits de l’homme” et que “il n’y a pas de base proportionnelle justifiant la détention et, donc, le procès pénal.”
  • Il rappelle à Cuba la nécessité, déjà exprimée par le Comité contre la Torture,de “réformer les dispositions du Code pénal en ce qui concerne la dangerosité sociale pré-criminelle”, pour “mettre fin à la détention administrative sur la base de figures pénales subjectives, vagues et imprécises.”»
  • Il s’en est de mis à l’encontre de la défense juridique à Cuba et affirme que « le Groupe de Travail a pu vérifier que, en vertu du Décret-loi sur l’exercice des Avocats et de l’Organisation Nationale des Cabinets d’Avocats Collectifs, et de ses Règlements (dictés par le Ministère de la Justice), le Ministère de la Justice exerce de vastes fonctions de réglementation et de surveillance sur la profession juridique. Cela comprend l’inspection élevée de l’Organisation Nationale des Cabinets d’Avocats Collectifs, la détermination des honoraires pour les services juridiques, sert d’organe administratif d’appel contre les décisions qui refusent l’entrée ou séparent les personnes de la profession juridique, reçoit des rapports du Conseil d’Administration National, peut autoriser l’exercice de la profession, approuve la création et l’extinction de cabinets d’avocats collectifs, supervise le régime de formation des avocats nouvellement diplômés, entre autres (voir articles 3, 11, 20 et 29, Première Disposition Spéciale du Décret-loi et articles 20 et 42 du règlement).”
  • Il indique que “Ce n’est pas la première fois que le Groupe de Travail est saisi d’une affaire où il est allégué qu’il y a eu de graves irrégularités dans l’accès à l’assistance juridique pour les détenus à Cuba; par contre, il a été constaté dans des affaires récentes que les détenus n’ont pas bénéficié de la garantie fondamentale de l’accès à un avocat qui puisse exercer sa défense sans limitation ou interruption. Le Groupe de Travail a même été saisi de cas de détention arbitraire d’avocats.”
  • Le Groupe de Travail des Nations Unies indique que de graves irrégularités ont été constatées dans l’accès à l’assistance juridique et que les détenus n’ont pas “le bénéficie de la garantie fondamentale d’accès à un avocat qui peut exercer sa défense sans limitation ou interruption”. “Le Groupe de Travail a même reçu des cas de détention arbitraire de la part d’avocats, ” ils jugent.
  • L’Organisation des Nations Unies rappelle à Cuba que «le Comité contre la Torture a noté avec préoccupation qu’il n’y avait “pas eu de changement significatif dans le système judiciaire de l’État partie depuis la présentation de son rapport initial en 1997. Il note en particulier avec préoccupation le manque d’indépendance à l’égard des pouvoirs exécutif et législatif tant de la magistrature que du rôle des avocats.»
  • L’Organisation des Nations Unies a donc déclaré que “Guía Piloto, Mendoza Reyes et Amaro Hidalgo n’ont pas bénéficié de la garantie fondamentale d’une assistance juridique indépendante, qui ait représenté les droits et exercé la défense des accusés librement, conformément aux normes internationales”, et qui “les autorités cubaines ont gravement ignoré des normes internationales relatives au droit à un procès équitable et impartial au détriment de M. Guía Piloto, Mrs. Mendoza Reyes et M. Amaro Hidalgo, en violation des articles 9, 10 et 11 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme”.
  • L’Organisation des Nations Unies, au vu de tout ce qui a été présenté dans ces affaires par Prisoners Defenders, indique qu’elle va également renvoyer les cas au Rapporteur Spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, au Rapporteur Spécial sur le droit à la liberté de réunion pacifique et d’association, au Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et expression, ainsi que le Rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats.”
  • L’Organisation des Nations Unies établit que “le remède approprié serait de mettre M. Guía Piloto, Mme Mendoza Reyes et M. Amaro Hidalgo immédiatement en toute liberté et leur accorder le droit effectif d’obtenir une indemnisation et d’autres formes de réparation, conformément au droit international.”

Prisoners Defenders espère que Cuba comprendra que la meilleure solution à cette situation, et celle de tous les prisonniers politiques figurant sur sa liste (129 le 1er février 2020) est de procéder à un audit des cas, comme l’a fait l’ONU pour ces cas et, dans un acte de rectification judiciaire, d’accorder l’acquittement des condamnés, ainsi que la réparation des dommages et préjudices qui leur ont été causés par tout cela. De tels gestes permettraient de croire qu’il y a à Cuba quelqu’un qui veut sortir d’une situation des droits de l’homme sur l’île créée par la Sécurité de l’État qui, si elle se poursuit, ne fera qu’aggraver la misère et l’isolement du Gouvernement cubain.

DOCUMENTATION DES CAS

Résolution des Nations Unies (DOC PRINCIPAL) : VOIR

Réplique de Prisoners Defenders à Cuba : VOIR

Réponse de Cuba à Prisoners Defenders/ONU : VOIR

Rapports envoyés à l’ONU :

CONSIDÉRATIONS ADDITIONNELLES

En ce qui concerne les condamnations pré-criminelles, comme dans l’affaire Marbel Mendoza Reyes, il convient de rappeler qu’il y a plus de 8400 cas en prison à Cuba et plus de 2500 condamnations à domicile, 11000 au total.

Il est nécessaire que Cuba entreprenne un processus d’examen des nombreuses carences en matière de droits de l’homme fondamentaux, qui est dû à l’action de la Sécurité de l’État sur les fonctionnaires et les commandants de l’État, révision demandée par Edel González, Président du Pouvoir Judiciaire Provincial à Cuba, lors d’une présentation à Madrid.

SUR CUBAN PRISONERS DEFENDERS

Cuban Prisoners Defenders est un groupe indépendant d’analyse, d’étude et d’action juridique, qui bénéficie de la collaboration de tous les groupes dissidents de l’île et des familles des prisonniers politiques pour recueillir des informations et promouvoir la liberté de tous les prisonniers politiques et les droits de l’homme à Cuba. Cuban Prisoners Defenders fait partie de Prisoners Defenders International Network, association légalement enregistrée basée à Madrid, Espagne, dont l’objectif est la promotion et la défense des droits de l’homme et des valeurs démocratiques, et dont l’adresse Internet estwww.prisonersdefenders.org.

Les travaux de Cuban Prisoners Defenders sont adoptés par de nombreuses institutions et envoyés, entre autres, à l’Organisation des Nations Unies, à l’Organisation des États américains, à la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, à Amnesty International, Human Rights Watch, Civil Rights Defenders, Freedom House, Parlement européen, Congrès et Sénat des États-Unis, FNCA, ASIC, UNPACU, Gouvernement espagnol,Fundación Transición Española, International Institute on Race, Equality and Human Rights, FANTU, Partido por la Democracia Pedro Luis Boitel, Colegio de Pedagogos Independiente de Cuba y Movimiento Ciudadano Reflexión y Reconciliación, parmi de nombreuses autres institutions et organismes d’égale importance.

DEMANDE DE RAPPORTS: Les entités qui veulent recevoir le travail de Cuban Prisoners Defenders (liste des prisonniers politiques et consciencieux, études juridiques des prisonniers politiques, études juridiques sur Cuba, études sur la répression et les prisons à Cuba, etc.) et qui ne les reçoivent pas encore régulièrement, peuvent contacter Prisoners Defenders en info@prisonersdefenders.org ou par téléphone/whatsapp au numéro 34 64756441. Éclaircissement: Prisoners Defenders génère son contenu et ses rapports en espagnol, puis les traduit dans d’autres langues dans le seul but de faciliter la lecture, mais face à tout besoin de nuance ou éclaircissement, ce sont les rapports générés en espagnol qui prévalent et sont officiels dans le titre de cette entité, sauf indication contraire. Notre site web est www.prisonersdefenders.org et notre page facebook est https://www.facebook.com/CubanDefenders. Notre Twitter est en outre @CubanDefenders.

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Author: Prisoners Defenders

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